L’intelligence artificielle transforme progressivement les pratiques professionnelles et les organisations. Au-delà des effets d’annonce, elle s’impose désormais comme un véritable levier d’évolution pour les entreprises, les métiers et les compétences.

Dans la branche Syntec, qui regroupe notamment les activités du numérique, du conseil, de l’ingénierie et de l’événementiel, l’IA représente déjà une réalité opérationnelle. Son développement modifie les modes de travail, accélère certains processus et fait émerger de nouveaux besoins en formation.


L’intelligence artificielle : de quoi parle-t-on ?

 

L’intelligence artificielle (IA) désigne un ensemble de technologies capables d’analyser des données, d’apprendre à partir d’informations et d’automatiser certaines tâches.

Deux grandes catégories d’IA se distinguent aujourd’hui.


L’IA classique

L’IA classique, également appelée IA symbolique ou statistique, repose sur des règles prédéfinies ou sur des modèles mathématiques.

Elle est utilisée pour automatiser des tâches ciblées telles que :

  • la détection de fraudes,
  • la maintenance prédictive,
  • l’analyse de données structurées,
  • certains traitements automatisés dans les systèmes d’information.

Cette forme d’IA est installée depuis plusieurs années dans de nombreux secteurs d’activité. Les entreprises disposent désormais d’un recul suffisant pour évaluer ses usages et ses résultats.


L’IA générative

Plus récente, l’IA générative s’appuie sur des modèles complexes capables de produire du contenu original à partir d’instructions données par un utilisateur.

Elle peut générer :

  • du texte,
  • du code,
  • des images,
  • des synthèses,
  • des propositions de contenus ou de documents.

Des outils comme ChatGPT, Mistral, Claude ou Copilot illustrent l’usage croissant de ces technologies dans les environnements professionnels.

 

Les enjeux associés au développement de l’IA

Le développement rapide de l’IA soulève également plusieurs points de vigilance.

Parmi les principaux enjeux identifiés :

  • l’absence de conscience des systèmes informatiques sur les résultats produits,
  • les biais algorithmiques,
  • les phénomènes de surajustement,
  • les questions liées à la responsabilité et à la confiance,
  • la cybersécurité,
  • la gouvernance et la souveraineté des données,
  • la constitution et la qualité des corpus de données,
  • l’impact environnemental des technologies,
  • les conséquences sur les apprentissages et la conservation des savoir-faire.

Ces enjeux nécessitent une approche encadrée et une montée en compétences adaptée afin de permettre une utilisation responsable de l’IA.

 

L’IA dans la branche Syntec : un enjeu stratégique

Dans la branche Syntec, l’intelligence artificielle représente un double enjeu pour les entreprises :

  • intégrer ces technologies dans leurs pratiques,
  • accompagner les salariés dans le développement de nouvelles compétences.

Les chiffres montrent une adoption déjà avancée :

  • 64 % des entreprises utilisent des solutions d’IA,
  • 88 % envisagent d’y recourir dans les trois prochaines années,
  • 258 000 salariés participent au développement ou à l’accompagnement de solutions IA,
  • ces effectifs représentent 19 % des salariés de la branche,
  • l’IA génère déjà 17 % du chiffre d’affaires du secteur.

Les entreprises interviennent à plusieurs niveaux :

  • identification des cas d’usage,
  • conception de solutions,
  • développement technique,
  • intégration des outils d’IA dans les systèmes des clients.

Les sociétés de conseil en informatique et les éditeurs de logiciels figurent parmi les acteurs les plus engagés dans l’adoption de ces technologies.


Quels usages concrets de l’IA dans les entreprises ?

L’IA s’intègre progressivement dans les pratiques métiers de nombreux secteurs.

Les usages concernent principalement :

  • le numérique (70 %),
  • l’ingénierie (68 %),
  • le conseil (59 %),
  • l’événementiel (49 %).

Parmi les usages les plus répandus :

  • la création de contenus marketing ou commerciaux,
  • la génération de code,
  • l’assistance à la programmation,
  • la cybersécurité,
  • l’automatisation de tâches administratives,
  • la gestion RH,
  • la logistique,
  • l’aide à la décision,
  • la planification,
  • la formalisation de documents.

Ces usages permettent aux entreprises d’optimiser certains processus tout en développant de nouvelles approches de travail.


Quel impact de l’IA sur les emplois et les métiers ?

Les données disponibles indiquent que l’intelligence artificielle contribue actuellement à la création d’emplois.

D’ici trois ans, près de 45 000 emplois supplémentaires pourraient être créés dans la branche.

Par ailleurs :

  • 28 % des entreprises ont déjà créé des postes liés à l’IA,
  • de nouveaux métiers émergent, comme ingénieur IA ou chef de projet IA,
  • certaines fonctions sont davantage impactées, notamment les fonctions supports, les métiers de conception et les activités d’enquête ou d’analyse.

L’IA ne remplace pas uniquement certaines tâches : elle transforme les missions, les compétences attendues et les responsabilités.


Quels besoins en compétences et en formation ?

Face à l’évolution rapide des usages, les entreprises expriment des besoins croissants en compétences liées à l’intelligence artificielle.

Les attentes portent notamment sur :

  • la maîtrise des outils d’IA,
  • la compréhension des usages professionnels,
  • la connaissance des réglementations nationales et européennes,
  • la maîtrise des cadres liés au RGPD,
  • la compréhension de l’IA Act,
  • l’accompagnement du changement organisationnel,
  • l’intégration de l’IA dans les pratiques opérationnelles.

À horizon 2030, près de 287 000 salariés devront être formés ou sensibilisés aux enjeux de l’IA.

Cette évolution implique une adaptation rapide des dispositifs pédagogiques, des ressources de formation et des modalités de prise en charge afin de répondre aux besoins des entreprises et des salariés.


Former pour accompagner la transformation

L’essor de l’intelligence artificielle ne repose pas uniquement sur la technologie. Il dépend également de la capacité des entreprises à accompagner leurs collaborateurs dans cette transition.

Former, sensibiliser et structurer les compétences devient un enjeu stratégique pour permettre une adoption efficace et responsable de l’IA.

Dans les années à venir, les entreprises devront concilier innovation, cadre réglementaire, montée en compétences et accompagnement humain afin d’intégrer durablement ces nouveaux usages.


Sources : OPCO Atlas, OPIEC, ARACT – 2025